BURZUM (Black metal dépressif - Norvège)

Burzum - FilosofemBURZUM

Filosofem

Black metal dépressif culte

Norvège

Misanthropy records, 1996

 

 

 

Inutile de présenter BURZUM, le black metal est éternellement associé à son nom même si la scène lui rend très mal hommage: bien souvent ce sont bien les personnes les plus stupides qui s'affichent avec des t-shirts BURZUM ou DARKTHRONE croyant qu'il s'agit comme par magie d'acquérir une personnalité que l'on a pas, et ce sont donc souvent les personnes les plus médiocres de la scène. A la différence de DARKTHRONE, malgré les revendications de part et d'autres, bien peu de groupes laissent transparaître une réelle influence de BURZUM dans leur musique, étant bien plus réceptif au coté polémique du personnage incendiaire d'Eglises et aux revendications neo-nazis. On retrouve bien plutôt une réelle influence musicale de BURZUM dans la récente scène black dépressive, dont "Filosofem" semble être l'album de référence ainsi que le reste de la discographie de BURZUM aux textes et à l'ambiance réellement sombre et dépressif…

 

Cet album sort pourtant bien du lot de la discographie de BURZUM. Je me rappelle clairement ma surprise à sa sortie en 1996; si la marque type de BURZUM semblait être ce chant si désespéré et emprunt de folie, ces hurlements si typiques, prenants et inégalés, c'est l'un des plus grands changements avec cet album: plutôt que hurlé, le chant est ici comme au loin, plutôt de façon parler, chuchoté mais avec une saturation extrême… Si la musique frénétique du premier album a laissé la place à un style plus atmosphérique sur les deux suivants, cet album est clairement mid-tempo, lancinant, mais avec des sons saturés qui grésillent de partout et raisonnent, à quoi s'ajoute un clavier discret et minimaliste, et des solos mélancolique et mélodique parfois. La plupart des morceaux semblent avoir été composés en 1991 et 1992,  mais il est probable que depuis avec le changement d'effets et de rythme ils ont pris une autre forme, l'album aurait cependant été enregistré en 1993. Seul le morceau "Jesus tod" est beaucoup plus rythmé, c'est d'ailleurs l'un des meilleurs morceau de BURZUM. Contrairement au titre, il ne s'agit pas là d'un énième texte satanique ou blasphématoire sur Jesus, car comme pour le reste de l'album, le texte est très court, très simple, sombre et évasif, laissant plus présager les ténèbres que disant quoi que ce soit. "Filosfem" est le dernier album black metal de BURZUM qui officira ensuite dans le dark ambient, on a d'ailleurs là un bien piètre début avec un morceau totalement inutile et minimaliste au possible de 26 mn, pratiquement uniforme avec 3 notes qui se répète, qui sont toutefois dans le registre des sons de synthés en fond sur l'album qui mélangé renforce clairement l'atmosphère très prenante de cet album, mais isolés sur un morceau vide se révèle peu expressif, exprimant peut-être l'ennui des premières années de Varg derrière les barreaux?!? On est d'ailleurs bien loin du long morceau atmosphérique sur "Hvyss lyset tar oss"; ce morceau si vide et inutile se retrouvera même dans une version moins minimaliste et plus courte sur "Daudi balders" sous le nom "Illa Tidanti". Après ce morceau, l'album se termine par une seconde version du morceau agonisant  qu'est "Decrepitude" qui porte très bien son nom, avec un réglage différent des instruments où l'arrière-fond de la première version avec son bruitage un peu indus/ ambient est au premier plan, et cette fois-ci sans voix, avec l'arrivée progressive de la guitare.

 

 Malgré ce vide inutile et limite ridicule au milieu du cd, comme si l'album se finissait avec ces 4 premiers titres, "Filosofem" est un album vraiment excellent, déstabilisant lors de sa sortie et réellement culte; le packaging y a d'ailleurs contribué puisque la première version est très étrangement présenté dans un format A5 tel un livre d'enfant, avec les textes à la fois en norvégien et en allemand ainsi que des histoires, d'ailleurs il existe deux versions de l'album: la norvégienne (incluant des titres en anglais aussi) ou l'allemande, les morceaux étant chanté soit en anglais ou soit en norvégien d'ailleurs, et toujours les tableaux très étranges et parfaits de Theodor Kittelsen, avec toujours cet aspect tragique mais aussi une exploitation de son travail plus folk, là où est la préoccupation de Varg, qui cependant présente toujours avec cet album tant musicalement que textuellement quelque chose de réellement désespéré.

 

Adnauseam

 


Burzum - RagnarokBURZUM

Ragnarok (A New Beginning)

Black metal culte

Norvège

Bootleg

2000 ( ?)

 

J'avais découvert ce cd de BURZUM il y a quelques années chez un disquaire d'occasion et quelle ne fût pas ma surprise de ne pas connaître cet enregistrement; cependant rien qu'à voir la pochette on devinait avec la photo promotionnelle de Varg de l'époque de Det son engang var que ce ne pouvait être qu'un bootleg, ce qui est confirmé par l'absence de label, par le numero de production "Varg01", par une limitation officielle à 1000 copies (donc un collector évident) sans même cependant le numéro de la copie… et quand on regarde le livret (juste une page ouvrante), on ne retrouve que des images d'archives de BURZUM, certes rares mais qu'on retrouve toutes dans l'ouvrage Lords of chaos, avec le célèbre dessin "Coming soon to a church near you", un vieux dessin "tendancieux" de Aske, ainsi qu'à mon avis l'une des meilleures photos de Varg de la même session que la pochette, avec son armure, sa massue et le regard perdu et fixe (qui était paru à l'époque dans la presse metal extrême) et au dos la photo d'une église en feu…

 

Je dois dire que grand adepte de BURZUM j'ai réellement hésité à acquérir ce bootleg qui aujourd'hui encore ne m'inspire que de grands doutes quant à son contenu, mise à part deux morceaux cultes qu'il faut à tout prix posséder. Le premier morceau de cet enregistrement intitulé "Et Hvitt Lys Over Skogen" est un morceau de plus de 9mn qui ne figure sur aucun album, très proche de l'album "Burzum" sur lequel il aurait pu figurer, mais enregistré en septembre 1992 au Grieghallene et qui est apparu une première fois sur la compilation Presumed guilty du label Misanthropy records en 1998.

 

L'autre morceau incontournable est "A lost and forgotten sad spirit", un morceau qui figure sur Burzum/Aske mais il s'agit là de la version originale, qui ne figure que sur la version originale de l'album Burzum sorti initialement chez Deathlike Silent Productions, et contrairement à ce qui est précisé ici par erreur, il ne s'agit nullement de la version originale figurant sur Aske car celle-ci figure sur la réédition Burzum/Aske de 1995 par MISANTHROPY records, la seule disponible depuis lors. En fait, il existe deux versions de "a lost forgotten sad spirit" l'une figurant sur Burzum et l'autre sur Aske, or, lors du regroupement de Burzum et Aske il n'a été gardé étrangement qu'une seule version de ce titre, la plus longue, celle de Aske de 10mn50. Personnellement je possédais une copie sur cassette de la première version cd de l'album Burzum de DSP et lorsque j'ai acquis la réédition sur Misanthropy avec Aske en bonus, j'ai tout de suite repéré la disparition de ce morceau et l'apparition d'une autre version sur Aske en bonus. Cette version de "A long and forgotten sad psirit" est donc totalement inconnue pour beaucoup et totalement introuvable aujourd'hui puisqu'ayant été très étrangement mise de côté lors de la première publication (et désormais perdue?). Il s'agit donc d'une version plus courte de 9mn10, personnellement je préfère cette version, qui est différente dans son son et par certains aspects.

 

Au regard du reste du contenu de cette compilation de "47 minutes et 44 secondes" comme il est précisé en toute lettre au dos du cd, j'ai longtemps penser à l'exploitation de faux morceaux tant tout cela est invérifiable. Pourquoi cela? Il est bien difficile de reconnaître BURZUM puisqu'on retrouve quatre titres de Burzum, "Lost wisdom" (plus tard sur Det som engang var), "Spell of destruction", "Channelling the power of new god", instrumental occulte sur Burzum, ici avec de la guitare en plus, ainsi qu'une courte outro bruitiste à la guitare, tout cela dans le cadre d'une rehearsal instrumental, et il faut bien avouer que ces versions sans la voix typique de BURZUM, donc sans timbre particulier et avec ce son si pourri tel un enregistrement live dans une chambre d'ado pourraient n'être que de vagues reprises par un inconnu à la guitare avec de la batterie, dans sa chambre auquel on ferait porter la mention "demo 1991" de BURZUM; je ne peux pas vérifier quoiqu'il en soit, mais effectivement ces trois titres figurent sur la Demo 1 de BURZUM qui est bien instrumentale, avec donc cette "outro" en plus. Il aurait été bien plus intéressant de faire figurer la Demo 2 à la place, qui elle n'est pas une répète instrumentale…

 

A cela s'ajoute un "morceau" totalement inutile intitulé "Duet with mayhem" qui serait une sorte de délire entre Varg et les gars de MAYHEM durant une répète (sûrement pendant les sessions de De Mysteriis Dom Sathanas) reprenant du Cliff Richard pendant à peine 2 mn, totalement nullissime… enfin peut-être que certaines personnes trouvent ça culte... c'est d'ailleurs exactement le même délire qu'on retrouve dans la fameuse "outro" du Deathcrush de MAYHEM qui ne figure pas sur le pressage cd, sauf qu'apparemment Varg serait cette fois de la partie...

 

A cela s'ajoute un morceau bien absurde pour finir qui s'intitule "Havamal" qui est en fait le morceau "Han som Reiste" un instrumental ambiant figurant sur Det som engang var, initialement de 4,50mn qui se transforme ici en un morceau long de plus de 12mn sur lequel se trouve un certain Sveinbjörn Beinteinssson, dont il est précisé qu'il est mort en 1993 (cherche-t-on le "culte" à tout prix?), qui serait un leader de la religion Asatru, qui chante ici comme précisé "Havamal" qui sont des "mots d'Odin"; bon je suppose qu'il s'agit de récitations religieuses… L'impression que ça donne, c'est que ce morceau aurait pu tout aussi bien être fabriqué, comprendre que le poème religieux récité par Beinteinsson, qui ressemble un peu à la façon de chanter de Ian Read dans FIRE  & ICE, semble comme être plaqué sur la musique et non l'accompagner ou s'y fondre, qu'également j'ai l'impression que le morceau "Han Som Reiste" tourne plutôt en boucle, que le chant et la musique sont deux choses réunies, peut-être par Varg dans le cadre d'un délire ou d'une récupération postérieure dans son intérêt Asatru, ou par un fan? Le doute est levé partiellement puisqu'au final ce "Ragnarok" semble être reconnu par Burzum, puisque dans la récente Anthology de 2002 reconnue par Varg comme étant officielle (et dont les fonds sont reverséesà l'Heavenfront), ce "Havamal" figure, tout comme le morceau de la compil Misanthropy, et il est précisé, tout du moins sur le site officiel, qu'ils sont tous deux extraits du bootleg Ragnarok. Pour ma part, je reste vraiment plein de doutes sur le contenu de cet objet…

 

Au final, il s'agit tout de même d'un objet avec des morceaux rares, introuvables ou irréels(?), en grande partie inintéressant certes, mais avec deux raretés donc cette version excellente de "A lost and forgotten sad spirit", introuvable par ailleurs aujourd'hui, dont je vous certifie l'authenticité…

 

Adnauseam

 

Seul site officiel de Burzum: www.burzum.org




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