DIE VERBANNTEN KINDER EVA'S (Dark atmospheric - Autriche)

DIE VERBANNTEN KINDER EVAS

Dark atmospheric, Autriche

Die Verbannten Kinder Evas

Chroniques :

Dusk and Void Became Alive (2006)

Live in Vaduz (1996)

 


 

DVKEDIE VERBANNTEN KINDER EVAS

"Dusk and void became alive"

Dark atmospheric

Autriche

Napalm records, 2006

 

 

Précisons le d'emblée : DIE VERBANNTEN KINDER EVAS est le side projet de Protector de SUMMONING qui apparaît ici sous son vrai nom de Richard Lederer. Si cet étrange projet dont le patronyme signifie "Les enfants bannis de Eve" n'évoquera peut-être pas grand-chose pour beaucoup aujourd'hui, DVKE est loin d'être un nouveau projet de Protector, c'est même son plus vieux projet avec SUMMONING puisque Dusk and Void Became Alive est le quatrièmealbum après un très long silence de sept années. Tout comme Silenius, les projets de Richard sont nombreux, étant pour sa part tous hors du champ du metal à l'instar de l'autre side projet bien plus secondaire qu'est ICE AGES (Dark electro-indus) là aussi en sommeil, et ayant participé par le passé à de nombreuses projets marqués par sa contribution tel que le premier SANGUIS ET CINIS (Dark gothic, groupe que renie Richard aujourd'hui), le premier WHISPERS IN THE SHADOWS (cold-wave), le deuxième WELTEN BRAND (Dark atmopsheric, projet le plus proche de DVKE), ou le premier PAZUZU (peut-être point de départ des travaux de Richard dans ce domaine).

 

Pourtant à l'époque, DVKE s'était imposé sur la scène dark atmosphéric comme une référence. Le premier album éponyme était un projet rassemblant alors les deux membres de SUMMONING ainsi que deux chanteuses dont la sœur de Richard. Ce premier jet représentait alors un peu la partie atmosphérique (et non épique et agressive) du SUMMONING de l'époque de "Minas morgul", avec également entre autres une empreinte du premier PAZUZU, créant ainsi le son DVKE. Avec Come Heavy Slee", Richard centre son projet sur une musique moins exubérante, moins variée mais plus mélancolique et poétique, les poèmes de Shelley étant choisis comme textes pour l'album. Richard réduit alors DVKE à un duo avec sa sœur Julia qui quittera malheureusement le projet après cet album. Pour In Darkness Let Me Dwell, DVKE poursuit dans le même style mais un grand changement apparaît au niveau de la voix, puisque c'est Tania, qui apparaît sur l'excellentissime morceau "Where Hope and Light Die" de l'album Strongold de SUMMONING qui s'occupe désormais des voix féminines, avec une voix beaucoup plus puissante et grave, différente donc de celle de Julia.

 

C'est de là que repart DVKE pour ce quatrième album. Une nouvelle chanteuse, que Richard a eu bien du mal à trouver visiblement puisqu'elle vient de Grèce, fait son apparition. Christina ne s'incrit pas dans la continuité de Tania et marque plutôt un retour à une voix plus douce. Ce qui frappe cependant c'est qu'en 7 ans, DVKE n'a pas beaucoup évolué, et poursuit dans le style engagé dès Come Heavy Sleep qui semble avoir délimité  l'horizon du projet en s'émancipant peut-être de SUMMONING et en s'axant sur un style dark atmosphérique centré sur des synthés atmosphériques, mélodiques, et des duos chant féminin/chant masculin, avec quelques percussions puissantes et des sonorités parfois neo classiques, parfois médiévalisantes. Au premier abord, j'ai été un peu déçu car la musique semble plus allégée, encore plus ciblée, plus vide, même si le mot est très mal choisi car il s'agit là de musique haute en émotions car Richard a le don de produire une musique mélodique, recherchée, et forte en émotion à chaque instant. Deuxième aspect à souligner, cet album semble moins "puissant" que le précédent qui commençaient par des morceaux au rythme marqué mais qui certes se terminait de manière assez fade malheureusement. "Dusk and void became alive" rééquilibre peut-être les deux aspects du précédent retournant vers le juste milieu. J'ai trouvé cet album assez proche de "Come heavy sleep" finalement, mais en encore plus aseptisé si je peux dire. Mais au fur des écoutes, on plonge à nouveau dans cette atmosphère si mélancolique et romantique (au sens profond du terme du XIXème), une mélancolie très pure, très belle, sur des claviers très mélodiques, très prenant et surtout parfait comme seuls les membres de SUMMONING les maîtrisent; on est bien loin évidemment des fades instrumentaux atmosphériques des groupe de metal mais bon je pense qu'il est inutile de préciser cela… Autre caractéristique de cet album, le chant masculin de Richard est un peu moins présent, ce qui est dommage car les duos vocaux dans DVKE s'accouplent à merveille, d'autant que la voix claire de Richard est vraiment d'une qualité rare.

"Unquiet thoughts" est assurément l'un des moments forts de ce nouvel album qui se révèle très bon dans son ensemble même si on aurait pu attendre de ce nouvel album, vu le temps de préparation, qu'il ne soit constitué que sur la base des moments les plus forts des précédents. DVKE est quoiqu'il en soit un projet que tout amateur de dark atmospheric se doit de connaitre.

Adnauseam

 


 

nacht.jpegDIE VERBANNTEN KINDER EVAS & WELTEN BRAND
"Live in Vaduz"
VHS
MOS Records, 1996

 

Voilà un objet très rare que cette video live datant de 1996, réunissant Die Verbannten Kinder Evas et Welten Brand lors d’un concert à Vaduz au Liechtenstein. J'ai vraiment eu du mal à dénicher cette video, qui ne se trouve nulle part en téléchargement sur le net, et c'est assez logiquement sur les terres autrichiennes que je l'ai trouvé, auprès d’un revendeur qui semblait ne pas vouloir communiquer en anglais (la fierté germanique…).

 L'objet est devenu culte, même si la couverture d'époque l'annonçait déjà culte… Un peu présomptueux certes mais il est vrai que ces deux formations redonnaient alors au courant dark-wave de la créativité et la poussaient un peu plus loin. Bien-sûr aujourd'hui, on ne peut pas dire que les promesses ont été tenues, Welten Brand a évolué vers quelque chose de soporifique et caricaturale, étant annexé par la scène goth, et le succès n'a pas été au rendez-vous. Pour DVKE, les productions très rares finalement sont restées bonnes mais il faut reconnaître certaines inégalités dans les derniers albums. DVKE, même si on aurait pu en attendre encore mieux, est resté fidèle à lui-même et ne s'est pas parodié, normal avec Protector de Summoning comme tête pensante.

Le contenu de cette video n'a pas été réédité en bonus ou en dvd et il est peu probable que l'objet soit à nouveau disponible. Il s'agit probablement de la première ou de l'une des premières performances pour chacun des deux groupes. Welten Brand fait encore des live (notamment les Wave Gotik Treffen de Leipzig). Concernant DVKE c'est probablement l'un des seuls concerts, et la seule présence video de Richard Lederer de Summoning. Ce concert à Vaduz en 1996 n'est pas improbable, puisque le label MOS Records dirigé par Oliver Folk, leader de Welten Brand, est basé dans cette ville du Liechtenstein, fief et folklore de Welten Brand. Le label a lancé bien des groupes : L'Ame Immortelle, Whispers in the shadows, Sanguis et Cinis et a sorti notemment le deuxième album de DVKE Come Heavy Sleep. Un temps Welten Brand et DVKE étaient en effet très liés, Richard a même fait des voix dark sur le deuxième album de Welten Brand. Pourtant ce temps là est bien révolu, comme le précise Richard sur le site de Summoning : Protector n'est plus en contact avec Welten Brand pour des différents d'ordre personnel.

Dark Visions

D’une manière générale, les documents de l’époque de ces deux groupes sont très rares. Une autre apparition existe sur une video réalisée par Witchunt Records (label suisse qui a sorti les premiers albums des deux groupes) intitulée Dark Visions, dirigée également par Matt Vein, aux cotés de Azag thoth, Exhortation, Amon, et Dark Reality qui est le seul groupe original à leur cotés sur cette vidéo, même si le label a proposé des choses plutot originales (Sadness, Decoryah, etc). Le matériel à l’époque était plus limité et on peut croire qu’il fallait que l’ensemble tiennent dans les 60mn, donc l’espace alloué aux deux groupes est limité, proposant un clip et une courte interview de chacun. L’interview de DVKE est très intéressante tandis que celle de Welten Brand est plutôt à la détente et l’ensemble du groupe s’y révèle très jeune. Ces interviews n’ont pas été rééditées. Le clip de Welten Brand est le morceau "Her poisoned mind", la version avec la voix black. Le clip n’a rien de rare puisque les clips de Welten Brand ont été tous réédités lors des rééditions des deux premiers cds. Pour DVKE, il s’agit d’un clip pour le morceau "Quod Olim Erat". Ce clip n’a jamais été réédité mais il peut se trouver toutefois sur des sites comme Youtube.

WELTEN BRAND

Passons au contenu de ce live in Vaduz. La première partie est consacrée à Welten Brand qui était présenté à l’époque comme pratiquant de la « romantic dark wave ». On sent que le groupe a voulu jouer à fond ce jeu. Pour ces débuts, le groupe comporte ainsi en live deux chanteuses, un chanteur, et pas moins de trois synthés… au moins on ne peut pas leur reprocher de faire de la programmation. L’ensemble du groupe est habillé en « gothique » des grands jours donc élégants : jabots, chemises blanches, et cheveux longs qui sont signes à l'époque d'origine métallique. S’ajoute à cela une décoration de la scène, peut-être dispensable avec une pierre tombale (en carton ?) portant les inscriptions "tela gravis 1667-1745", des cranes… un peu maladroit pour le coup. On sent une volonté d’être solennel, on est bien loin des chanteuses d’aujourd’hui qui se dandinent. Après, on sent l'amateurisme à l’œuvre qui sont l’expression des premiers pas dans ce registre, mais qui sont les plus authentiques. On est loin des maladresses bâclées comme aujourd’hui.

Au niveau du contenu, comme je l’ai dit, rien n’est préenregistré, tout est joué, ce qui permet d’avoir des petits variantes. La vidéo débute avec "The Ghost of the Dead Sun" qui n’est pas le meilleur morceau de Das Rabenland, loin sans faut, c’est même le morceau le plus plat). S’ensuit "Dark Desires" puis "Night of the Blades" sans son intro au combat d'épées. Ce morceau change pas mal en live. Cette version se révèle intéressante, avec plus d'orgue, plus riche, pour un ensemble plus ambient solennel. La suite propose un morceau dans le même genre en plus ambient processionnel. Il s’agit là d’un titre qui figurera sur le deuxième album Das Nachtwolk mais sans le violon, donc qui se révèle un peu plus ambient dans les sons. Enfin, la partie de Welten Brand s’achève avec "The Death" qui sera également sur le deuxième album et qui constituera l'un des deux clips de l'époque (réalisé par Matt Vein également), là encore il n’y a pas encore de violoniste dans le groupe mais à la place, on notera quelques effets de percussions. Aujourd’hui, Daniela la violoniste reste la seule membre d’origine avec le leader.

Ce qu’il ressort, c’est qu’il ne s’agit pas d’un live intégral vu les 33 minutes. Il y a clairement une séparation entre les morceaux avec un effet d’annonce. Surtout, Matt Vein a retouché les videos. Il s’agit bien d’un véritable live mais Matt Vein a retouché les images pour y réaliser un travail visuel assez pauvre et même néfaste. En plus des images au ralenties souvent sans intérêt, on a droit à des images par exemples fixes d’une montagne mais subissant le mouvement d’une vague. Il y a également des effets ratés sur les lanières qui virent au flou fixe pour donner une impression de brouillard ou d’éclairage lunaire. L’impression qui en ressort c’est qu’à l’époque, Matt Vein explorait les nouvelles possibilités offertes par la technique, mais on a plus l’impression qu’il s’amuse avec ces nouveaux effets sans véritable efficacité esthétique. En tout cas c’est totalement dépassé aujourd’hui…

DVKE - Welten Brand


DIE VERBANNTEN KINDER EVAS

On arrive à la partie consacrée à DIE VERBANNTEN KINDER EVAS. Là aussi, on se situe entre les deux premiers albums, l’album éponyme étant sorti en 1995 et Come Heavy Sleep en 1997. Changement par rapport à WELTEN BRAND, on passe de 5 musiciens à deux. Si le premier album avait vu la participation d’un line-up plus large avec notamment Mickael Gregor (Silenius), on a ici le line-up du deuxième album avec uniquement richard et sa sœur. Et contrairement à Welten Brand, les synthés sont programmés. Richard n’execute que quelques effets (comme le bruit d’orage sur "Shadowale"…). Julia, elle joue de la flute notamment sur le long morceau d’ouverture "The serpent’s voice". DVKE est plus sobre : Richard porte simplement une veste de costume mais avec jabot noir et gant noir. Julia ressemble un peu à une comtesse, comme les photos promos de l’époque. Le groupe est plus sobre à tous les niveaux mais a plus de charisme.

Au niveau du contenu, c’est donc "The serpent’s voice" qui ouvre la partie consacrée à DVKE, puis s’ensuit "Shadowvale" avec des chœurs supplémentaires par Julia. S’ajoute "Requiem" un morceau court, sur lequel Julia jouera d’un instrument à vent. S’ensuit l’excellentissime "Futile Belief", visuellement gâché par Matt Vein par l’un de ses effets stupides de flamme sur le meilleur moment là ou il y a les grosse voix black. Mais heureusement, il se rattrape sur le morceau suivant "House of glass", un morceau de l’album alors à venir Come Heavy Sleep, pas la meilleure et qui se finit assez rapidement, mais où de façon inédite, sont ajoutées quelques voix black, et qui permet de découvrir l’expression de Protector en hurlant… l’unique occasion en fait de percer ce mystère…

Cette partie a un réel intérêt, car depuis DVKE n’a pas refait de prestation live, et d’une façon générale c’est l’une des rares prestations filmées de Protector. Pourtant la partie consacrée à DVKE est nettement plus courte…

On ne comprend pas trop ce qu'on voulu faire les groupes, le label et Matt Vein. Il aurait été bien plus intéressant de mettre les deux lives intégrales notamment pour le coté culte de la chose quitte à sortir deux vidéos intégrales qui se seraient écoulées n’en doutons pas. Il est probable qu’aujourd’hui, il ne reste comme images conservées de ces lives que ces lives amputés par des animations dépassées qui gâchent plus qu’elles ne renforcent l’atmosphère…Un grand regret est assurément que Welten Brand n’ait pas alors joué "The Poisoned Mind" avec Protector en backing vocals…

Un des rares extraits trouvables sur le net

http://www.dvke.info/

 

 

 

 

 


 

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