NECROMANTIA (Black metal occulte - Grèce)

Necromantia - Scarlet evil - Black Lotus versionNECROMANTIA
"Scarlet Evil, Witching Black"
Black metal occulte, Grèce
Black Lotus, réédition 2005

 

Scarlet Evil, Witching Black n'est pas un nouvel album de Necromantia mais une réédition remasterisée du deuxième album sorti en 1995 chez Osmose Productions. Même si Necromantia n'est pas très productif, préférant commémorer sa contribution au black metal plutôt que de sortir de vrais nouveaux albums, pour preuve le double cd Covering Evil pour les 12 ans (?!?) du groupe en 2001, il semblerait pourtant qu'un nouveau line-up ait été constitué. 12 années d'existence, mais seulement 3 albums: Crossing the Fiery Path en 1993, Scarlet Evil, Witching Black en 1995, IV: Malice en 2000 ; à quoi s'ajoutent le mini-cd Ancient Pride en 1997 et le légendaire split album Black Arts Lead to Everlasting Sins aux côtés de VARATHRON en 1991. Necromantia était autrefois un des grands noms du catalogue légendaire des débuts de Osmose Productions. Cette réédition sort d'ailleurs en même temps que celle du premier album ; les deux albums sont très proches et vont de paire. Ces rééditions chez Black Lotus ne sont pas un hasard puisque Black Lotus n'est autre que le label dirigé par Magus Vampyr Daoloth, le cerveau de Necromantia. Ces rééditions en digipack sont limitées à 1000 exemplaires, portent le nouveau logo ainsi que des pochettes différentes quoique dans le même esprit (encore plus moches serait-on tenté de dire) et proposent en bonus des reprises, toutefois déjà disponibles dans le best of Covering Evil.

NECROMANTIA est l'un des groupes cultes de black metal grec de la première génération aux côtés de VARATHRON et ROTTING CHRIST, qui parmi les trois est le seul à avoir une notoriété établie en dehors de l'underground, groupe dont Magus Vampyr Daoloth a été membre entre 1991 et 1995 au poste de keybordist. Tout comme pour la résurrection (décevante) de THOU ART LORD (le side projet de Magus et de Sakis de Rotting Christ), ces rééditions se veulent une réaction contre la vague de black metal "pseudo romantic gothic", mais cela est valable aussi, je pense, pour les true black (10 ans après, pour preuve…) pseudo occultes et méchants. Pour sa part, Magus a multiplié les projets en dehors du metal extrême, orientés atmospheric ou gothic comme WAMPYR SHADOWOLF (Wampyricon), NAOS et évidemment DIABOLOS RISING avec sa musique très electronique. A travers ses différentes explorations, il a toujours gardé son intérêt pour l'occultisme et le vampyrisme.

Si Necromantia a contribué à façonner le son black grec, c'est cependant un groupe assez atypique puisqu'au lieu d'avoir des guitares, il y a depuis les débuts deux basses dont une à huit cordes, d'ailleurs bien peu de groupe ne ressemblent à Necromantia si ce n'est les finlandais de BARATHRUM. Cette caractéristique fait qu'il peut être difficile d'accrocher à Necromantia, notamment par des mélodies parfois étranges et le sentiment qu'il manque quelque chose (une guitare?). Pourtant, il y a dans Necromantia de très bonnes choses, comme le morceau "Scarlet witching screams", et surtout de très bonnes parties de synthés occultes, très musique de films sombres, et des narrations incantatoires vraiment excellentes, tout cela disséminé ça et là. On y trouve même des morceaux entièrement aux synthés (ce qui ensuite est devenu une mode); sur cet album, c'est le morceau "The arcane light of Hecate", avec uniquement un synthé sombre, mystique, atmosphérique et des voix claires incantatoires, avec des percu épiques typiquement grecques. Dans le même esprit, on retrouve également un sample de Wagner pour introduire "Pretender to the throne". Bref, on est en 1995, et ce côté atmosphérique occulte introduit dans un metal extrême certes atypique sera d'une grande influence.

L'album se clôt par une reprise intéressante de MANOWAR avec "The demon's whip" (de Triumph of Steel, 1992) exclusive à cette réédition (et disponible sur Covering Evil). Même si le lien avec la musique et l'univers de Manowar n'est pas évident à faire, Necromantia avait déjà repris "Each dawn I die" (de Hail to England) sur Ancient Pride; au-delà du fait que MANOWAR est un groupe culte de metal sans lequel la scène n'aurait pu se constituer, cet intérêt marqué pour Manowar pourrait peut-être expliquer l'amour de Necromantia pour la basse ?!?

Sans être un chef d'oeuvre, et bien qu'atypique, Scarlet Evil, Witching Black est un album de référence dans le metal extrême occulte des années  90 et mérite votre attention !

Adnauseam

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