SEAR BLISS (Black metal épique et mélancolique, Hongrie)

SEAR BLISS

Black metal épique et mélancolique, Hongrie

Sear Bliss - Phantoms eraChroniques

Glory and Perdition (2004)

Decade of Perdition (2005)

 


 

 

Sear Bliss - Glory and perditionSEAR BLISS
"Glory and perdition"

Black metal épique et mélancolique

Red Stream, 2004

 

Sear Bliss est de retour avec son cinquième album Glory and Perdition. On peut dire que depuis la signature de Sear Bliss sur Red Stream, les sorties se suivent. Après le très décevant The Haunting en 1998, on n'a plus entendu parler du groupe avant la réédition de Grand Destiny en 2002 sur Red Stream (initialement sorti de manière confidentielle chez Nephilim Records en 2001) qui a également sorti la même année Forsaken Symphony.

 

Ce nouvel album confirme donc la tendance depuis le retour de Sear Bliss, à savoir un renouveau de l'inspiration. Comme je l'ai précisé, The Haunting était une déception comparée à ce que Sear Bliss nous avait fait ressentir avec leur excellent premier album culte "Phantoms", sorti en 1996, qui avait imposé les hongrois de Sear Bliss sur la scène black metal avec son black metal mélancolique et original, l'usage de trombones et trompettes y étant pour quelque chose. D'emblée, ce que l'on retrouve c'est la marque typique de Sear Bliss avec le chant de Andras Nagy, l'un des rares membres d'origine, et surtout l'usage d'instruments à cor, pour cet album le trombone. L'album est cependant beaucoup mieux exécuté que les précédents et est beaucoup plus puissant qu'à l'accoutumée, avec plus de passages rapides (une durée totale de 38 minutes et quelques cette fois-ci), plus épique, plus guerrier et peut-être moins mélancolique tout en restant sombre. Il est finalement à l'image du titre qui évoque très bien le contenu musical: évoquant la gloire et la perdition.

 

En conclusion: Sear Bliss qui a maintenant plus de dix ans d'existence (formé en l'automne 1993) poursuit dans son style unique et sort là l'un de ses meilleurs albums ; un album beaucoup plus puissant et rapide, qui est selon moi le meilleur album de Sear Bliss avec Phantoms, les deux albums portant la même marque inimitable tout en étant fort différents.

 

Adnauseam

 

 


 

Sear Bliss - Decade of perditionSEAR BLISS

"Decade of perdition"

Black metal épique et mélancolique

Hongrie

Red Stream, 2005

DVD

 

 

Si le dvd est un nouveau produit qui, comme on dit, inonde le marché, et si dans le cas de nombreux groupes, ce n’est qu’un simple produit de consommation de plus, parfois inutile quand il s’agit de groupes quelconques sans identité, ce n’est pas le cas pour Sear Bliss, l’une des rares formations connues de Hongrie. Si les pays de l’Est voient une prolifération de groupes de metal et proposent des groupes intéressants, il s’agit bien souvent de groupes sans grande identité et n’égalant pas leur maîtres, mise à part quelques formations de références à l'identité évidente dont fait partie Sear Bliss. Sear Bliss n’a pourtant pas la notoriété que l’on aurait pu attendre à ses débuts puisque certains ignorent encore l’existence de ce groupe de black metal mélancolique, froid et puissant, qui a la particularité unique d’avoir des instruments à cuivre judicieusement utilisés depuis la demo de 1995, partie intégrante de leur musique apportant un côté épique certain.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas encore ce groupe particulier, ce concert, enregistré dans leur ville natale de Budapest le 22 février 2004, propose une bonne présentation puisqu’il fait le tour de leur discographie. Trois titres de The pagan winter, la demo 1995 rééditée en 1997, y sont même joués avec "Twilight", "Ancient", et "Pagan winter" ainsi que le bonus de la réédition, "In the shadow of another world"; les 4 morceaux joués à la suite constituant ainsi un gros bloc du concert. Plutôt inattendu, même si pour moi l’album de référence restera le très mélancolique premier album Phantoms(1996) qui avait marqué l’underground à sa sortie, évidemment présenté ici, avec "1100 years" qui clôture la prestation, mais surtout avec l’un de leur meilleur et plus mélancolique morceau, "Far above the trees", qui succède à "Arx idolatriae" morceau puissant de l’album Grand destiny sorti en 2001 en guise d’ouverture. "My journey to the stars" est choisi pour représenter Forsaken symphony sorti en 2002. Et c’est "Birth of eternity" qui sera étonnement le seul morceau joué du dernier album en date, le très épique Glory and perdition (2004), avec comme pour le cd la présence de Attila Csihar qui rejoint le groupe sur scène. C’est assez bizarre de voir le légendaire chanteur de "De mysteriis dom sathanas" en teuffeur, avec lunettes de soleil ainsi qu'un look et une façon d’être très urbains notamment avec sa capuche (peut-être voulait-il apparaître maladroitement tel un moine?), le t-shirt Keep of Kalessin n’y fera rien. Le bon morceau "Hell within" du décevant deuxième album The haunting (1998) est quand à lui marqué par la présence de Victor Scheer, le guitariste de l’époque. Concernant les fameux instruments à cor : selon les morceaux, le joueur de synthé passe de son synthé à la trompette, à quoi s’ajoute parfois un deuxième joueur de cuivres. La prestation est très pro, on sent le groupe très immergé dans sa musique et un leader charismatique qui se passe d’ailleurs d’une communication excessive et inutile entre les morceaux. C’est au passage une très bonne idée que le titre de chaque morceau soit indiqué. Cependant, il est à noter que ce concert n’est cependant pas filmé comme tant de dvd récents, avec ce côté pro et multi-cameras qui souvent aseptise la performance et lui donne un coté plateau télé; ce n’est pas le cas ici, l’éclairage est même réduit puisque le deuxième guitariste, celui arborant un maquillage black metal, est même limite invisible restant caché, peut-être volontairement, dans les ténèbres.

 

La deuxième partie propose un documentaire de 47 minutes regroupant une interview puis des images backstages sur la fin. Il est assez rare de pouvoir litre des interviews de Sear Bliss et celle-ci se révèle des plus intéressantes, faisant le tour des différents aspects du projet Sear Bliss : sa création, l’origine du nom qui trouve sa source étonnamment dans un poème de notre référence nationale Baudelaire, abordant également les textes écrits bizarrement par une personne extérieure au groupe actuellement en Australie dans un cadre bien loin de la froideur et de la mélancolie qui imprègne ses textes et les recoins de son âme, mais aussi les pochettes et son dessinateur ou encore l’ingénieur du son. Les incontournables et inutiles backstages qui s’ensuivent nous dévoilent le côté lumineux du groupe, et même s’ils sont inutiles, ces images ne sont pas lourdes comme de coutume, révélant plus une part de dérision(on est bien loin du coté pathétique de Satyricon), c’est d’ailleurs surtout le batteur qui se révèle être un comique infatigable flirtant avec le second degré, les sous-titrages permettent d’ailleurs de comprendre leurs délires. S’ajoute également une plage de défilement de photos pendant 3 minutes qui constitue la troisième partie du dvd. Chaque partie est judicieusement introduite par une sombre intro de la discographie de Sear Bliss.

 

Ce dvd se révèle donc des plus intéressants et remplit bien sa fonction : présenter un groupe de référence dont on ne peut qu’avoir rarement l’occasion de voir ou d’entendre et qui pourtant propose réellement quelque chose d'intéressant depuis ses débuts.

Adnauseam


http://www.searbliss.hu/

https://www.facebook.com/searblissband

 


 

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