MOONSPELL (15/12/2016 - Grenoble)

MOONSPELL

La Belle électrique, Grenoble

15 décembre 2016

Moonspell 2016


Tournée anniversaire

Moonspell fait partie des groupes dont les premiers albums m’ont marqué mais dont la suite ne m’a pas convaincu et a même entrainé un certain rejet de ma part. Je n’envisageais pas vraiment d’aller à ce concert, et c’est par curiosité que j’ai consulté l’excellent wiki des playlist deconcert (setlist.fm) pour voir quels vieux titres étaient encore joués, et quelle ne fût pas ma surprise de voir que pour cette tournée il n'y avait quasiment que des vieux titres, alors que rien ne l’indiquait lors de la promotion du concert.

Depuis quelques années, il y a une mode, une fois n’est pas coutume, très positive qui consiste à jouer intégralement un album à des dates anniversaires, et ça tombe bien car 2016 est l’année des 20 ans de l’excellent Irreligious sorti fin juillet 1996.

C'était en 1996...

J’avais acheté l’album dès sa sortie et j’avais ensuite vu Moonspell pour la tournée de cet album, précisément lors de leur passage à Lyon le 1er novembre 1996 en compagnie de SAMAEL qui faisait alors la promo de son "Passage" (qui marquait un grand changement dans sa carrière) et ROTTING CHRIST pour Triarchy of lost lovers (je les ai vu 5 fois depuis, mais à l’époque le groupe ne m’avait pas marqué et ne correspondait pas à ce que je cherchais à ce moment là), les 3 groupes étant alors sur Century Media et ayant sorti leur nouvel album en cette année productive 1996. Lorsque j'avais revu le groupe en janvier 2000 à Genève, Moonspell s'était incontestablement fané.

J’avais adoré l’album Irreligious, très gothic metal, avec une légère influence Fields of the Nephilim parfaitement digérée, en rupture avec Wolfheart que j’avais pourtant adoré, les élléments black et folk ayant quasiment disparus. La suite de la carrière de Moonspell ne m’a jamais emballé. Du très pop gothic metal Sin Pecado aux durcissements au fil des albums, seul "Memorial" m’a paru intéressant (c’est d’ailleurs le seul album que je possède de Moonspell en dehors des 3 premiers enregistrements). Le ré-enregristrement de Under the Moonspell ne m’a pas paru utile, clairement inférieur à la version d'origine et symptomatique de la perte d'intensité de cette époque là justement. Je ne ferai pas ici le procès de Moonspell car je salue au contraire l’initiative d’avoir cédé à la mode de la tournée anniversaire, toujours très agréable et stimulante pour les adeptes des années 90 !

Der Weig Einer Freiheit

Comme de plus en plus souvent, je n'ai pas grand chose à dire sur les premières parties qui accompagnent Moonspell sur l'ensemble des dates françaises. Volker est un groupe français menée par unre chanteuse, qui joue la sauvageonne. Ce n'est plus vraiment une originialité en soi d'avoir une chanteuse dans un groupe de metal extrême. Pour Der Weig Einer Freiheit, je les avais déjà vu par "accident" (comprendre que je ne m'étais pas déplacé pour eux) puisqu'ils étaient sur une date commune avec Sera Bliss en Suisse allemande. Il s'agit d'un bon black, à la fois raw et mélodique même s'il n'y rien de bien nouveau là dedans. Ce groupe allemand appartient à un nouvel vague de groupe éloigné des clichés true black, ne serait-ce que par leur apparence très metalcore / décontracte. Ce n'est finalement pas plus mal après le trop plein des clichés et du paraitre qui ont fait pencher le black metal vers le ridicule. Bonne prestation, sans être transcendante.

Irreligious live

Venons-en à la prestation de Moonspell car quelques heures avant, on m'avait évoqué l'idée effrayante d'une playlist alternative consacrée au dernier album sorti l'an dernier, info erronée heureusement. En fait, il s’agit le "Redemption tour" se veut bien une tournée hommage à Irreligious. Sur quelques dates, il y avait également un bel hommage à Wolfheart joué en intégralité : en fait c'étaient le cas pour les villes comme Londres où Moonspell jouait deux soirs de suite car Moonspell est un groupe à la renommée bien établie désormais même si on était bien loin du sold-out pour cette soirée grenobloise (il y aurait même eu un temps un doute sur le maintien de la date, car pour ce genre de grosse salle, ce soir à l'espace réduit de moitié, la location est couteuse et un minium de préventes seraient attendues, infos à est attendue pour maintenir l'événement….). Tous les doutes ont été levés, lors de l’installation de la scène avec un décors évoquant "Irreligious" avec le fameux œil et sa couleur orangée brumeuse ainsi qu'avec la présence sur le stand du groupe de la réédition du ep "Opium" (un quatre titres initialement sorti en 1996 contenant 3 morceaux de Irreligious et la "version" clip de "Opium", réédité pour l'occasion par le groupe en vynil avec une autre pochette).

Après l’intro de l’album, les titres vont s’enchainer comme sur l'album à partir de "Opium", même si Fernando fera régulièrement des interventions entièrement en français entre les morceaux et qu’il confirmera après "Opium" que l’album sera joué en entier. La voix de Birgit Zacher qui a imprégné bon nombre d’enregistrement de Century Media de l’époque retentira de façon enregistré sur le finalement très goth'n'roll "Raven Claws", loin d’être sa meilleure performance à mon sens, mais calibré comme "hit", un peu différent de l'atmosphère de cet album. Le cri féminin en fin de "Subversion" retira également. Le reste est toutefois bien effectué en live, le synthé est d'ailleurs visuellement plutôt imposant sur scène, stylé avec des tuyaux tels ceux d'un orgue. La performance de "Irreligious" s'interrompra avec "Herr Spiegelmann", avant dernier morceau de Irreligious.

Wolfheart

On va alors basculer sur un hommage à Wolfheart, très apprécié, avec "Vampiria", morceau emblématique de Moonspell, performé de façon théatrale comme à la bonne époque avec cape de circonstance. Bien-sûr qu’après toutes ces années, on peut trouver ça cliché, il n’empêche que Moonspell fut l’un des premiers à le faire et quand c’est bien fait, aussi bien musicalement que visuellement c’est appréciable. D'ailleurs l'ensemble des membres du groupes a très bien assuré, sobre et efficace avec du charisme. A noter qu'à l'exception du bassiste arrivé en 2004, ce sont tous des membres de Moonspell depuis au moins Wolfheart. "Vampiria" sera suivi de l’agréable instrumental folk de Wolfheart, "Lua d'Inverno". On comprend alors qu’il n'y aura pas un hommage intégrale à Wolfheart et puis Moonspell enchaine avec un morceau très folk metal que j’avais oublié et que je connaissais mal puisqu’il ne figurait pas sur mon édition de Wolfheart mais sur les rééditions qui ont suivi et sur la version digipack de l’époque, "Ataegina", morceau très festif, qui suggère que Moonspell aurait en effet évoluer vers du folk metal. Un bon morceau un tantinet  trop festif et basique qui a toutefois fait son effet sur le public. Dans le même genre, j’aurais préféré "Trebraruna", mais c’est très bien passé. Et le tour de Wolfheart s’achèvera avec "Alma Mater", dernier morceau de l'album et morceau connu de leur répertoire qu’ils ont continué à jouer au fil des années. Un petit signe de Fernando nous indique que ce n'est pas vraiment fini, on s'en doute, un groupe avec 20 ans derrière lui a toujours des morceaux potentiels pour alimenter des rappels et le dernier morceau de Irreligious était resté en suspend…

Rappel

Changement de décors en fond pour le rappel, mauvais signe à mon sens. Dans le mille :  s’enchainent  3 titres typiques des morceaux de Moonspell que je n'aime pas mais que le public semble rapidement reconnaitre et apprécié, apparemment deux titres du dernier album et "Night Eternal" pour lequel le groupe avait réalisé un clip bien nul. On terminera en beauté toutefois avec l’excellent "Full Moon Madness", dernier morceau de Irreligious et un très bon morceau de clôture par ses sonorités, Fernando se chargera lui-même d'assurer les voix de loup sur l'introduction du morceau. A noter que le rendu de l'album était très proche de l'album, les voix de Birgit Zacher ou le cri en fin de "Subversion" étant enregistrés, le reste est effectué en live avec un synthé bien présent avec des tuyaux bien visibles tel un orgue.

Nous ne vieillirons pas ensemble ?

S'achève ainsi un très bon concert que les vieux adeptes de Moonspell ne se devaient pas de rater ! Il y avait comme quelque chose d’inachevé dans mon rapport à Moonspell. Cette mode de jouer les albums en intégralité aux dates symboliques m’a permis de faire mes adieux à Moonspell, car j’ai la certitude qu’en dehors de ces trois enregistrements vénérés, le groupe n’a rien d’autres à m’apporter et ne m’a rien apporté par la suite, mais je les remercie sincèrement et le leur souhaite une bonne continuation, car il y a à l’évidence des adeptes d’autres albums. Peut-être fêterons-nous ensemble d’autres anniversaires commémoratifs !

Adnauseam

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