PARADISE LOST / SWALLOW THE SUN (04/05/2012 - Besançon)

PARADISE LOST

Tournée "Tragic Idol"

04/05/2012

La Rodia, Besançon (25)

Paradise Lost - Besançon 2012

Bien plus qu'un symbole, le lieu, la musique du groupe, les textes, le patronyme, le fait que Paradise Lost ait traversé une bonne partie de mon existence jusqu'à aujourd'hui, le contexte la dernière fois que je les avais vu, font que la charge émotionnelle de ce soir là promettait d'être forte. Tout cela relève de l'anecdote personnelle mais montre toute la force d'un groupe lorsqu'on peut s'approprier et projeter certaines choses dans leur musique. Les 6h de route en solitaire s'imposaient donc.

SWALLOW THE SUN

Trajet oblige, au moment où j'entre dans la salle de la Rodia, Swallow the Sun a déjà entamé sa prestation. Je ne parlerai pas de la première partie locale que je n'ai pas vu mais quelques mots s'imposent sur les finlandais de Swallow The Sun que Paradise Lost ont emmené avec eux lors de cette tournée. Swallow The Sun devait déjà partir avec Paradise Lost en 2007 ; c'est d'ailleurs Swallow The Sun qui était initialement annoncé pour la date à Lyon lors de cette tournée.  Cette occasion manquée pour Swallow the Sun est désormais rattrapée. J'avais par contre eu l'occasion de voir Swallow The Sun à Annecy en avril 2007 aux côtés de Moonsorrow. Bien qu'ayant proposé quelque chose de tout à fait honorable lors du concert en 2007, je n'avais depuis que rapidement survoler leur discographie, signe que le groupe, bien que bon, n'a pas la petite touche supplémentaire qui accapare l'attention sur la durée. A noter dans leur discographie, une reprise efficace de l'hymne du doom qu'est "Solitude" de Candlemass mais qui ne fait pas partie de la playlist live du groupe. Depuis 2007, Swallow the Sun a continué son chemin, engendrant un cinquième album en 2012, Emerald Forest and the Blackbird, sans vraiment développer une personnalité an final mais en suivant un peu le chemin tout tracé des groupes doom qui ont commencé avec des accents doom/death en s'orientant au fil des albums vers quelque chose de plus gothic metal. Swallow the Sun a d'ailleurs exploré une période large de sa discographie, en témoignent les derniers morceaux joués avec un accent doom/death. La prestation était donc agréable, surtout sur la fin, mais pas non plus transcendante, appréciable et adaptée en tous les cas en première partie de Paradise Lost. 

PARADISE LOST

Pazradise Lost - Besancon 2012

Il me faut avouer avoir été un peu déçu par cette cinquième prestation à laquelle j'assistais (une pour chaque tournée depuis Symbol of Life). Cette petite déception est sûrement due au fait que depuis Paradise Lost est redevenu pleinement ce qu'il était, les attentes sont bien plus élevées.

Widow

Pourtant  les premières minutes étaient largement à hauteur de l'attente : le show débute sur "Desolate", l'intrumental lugubre qui clôt l'album Gothic et qui était utilisé en introduction lors de la tournée Icon, puis l'enchainement se fait directement avec un autre morceau phare de Paradise Lost, extrait justement de Icon et qui refait son apparition: "Widow". Paradise Lost continue donc à déterrer de vieux morceaux qui ont gardé toute leur intensité mais qui n'étaient plus joués pendant de nombreuses années. Mais il y a une contrepartie…

Âme courageuse ?

Déjà changement d'ambiance très rapidement après "Widow" avec le néanmoins très bon "Erased" auquel le public de ce soir (qu'on sentait en partie s'être déplacé pour la soirée metal du vendredi, Besançon n'étant pas connu pour ses concerts metal ou gothic) a paru très réceptif. C'est donc peine perdue pour un enchaînement avec d'autres titres de Icon. Aucun autre n'en sera joué. S'ensuit l'excellent "Forever Failure", un morceau toujours aussi chargé, pour moi l'un des morceaux les plus intenses du groupe, à l'esprit très doom et à l'atmosphère très prenante… dont on sera très vite réveillé par l'abominable "Soul Courageous" que Paradise Lost n'avait jamais joué au cours des quatre tournées précédentes et qu'il a eu la mauvaise idée de déterrer de One Second. Succès paradoxal auprès du public très réceptif à ce titre entraînant extrait d'un album qui restera définitivement l'album de Paradise Lost qui ne me parle pas : l'intérêt du successful One Second se limite pour moi à quelques titres dont seuls les meilleurs sont habituellement joués : l'excellent "Say Just Words" qui clora brillamment comme à l'accoutumée la prestation de Paradise Lost et "One Second". Mais je trouve que "One second" ou "Erased" sont des morceaux qui brisent un peu aujourd'hui l'homogénéité du show.

Disparition de Gothic

Bien-sûr l'instant consacré à "Soul Courageous" n'est qu'un moment difficile où l'âme de l'adepte du grand Paradise Lost doit être courageuse, mais ce qu'il faut comprendre c'est que comme tout ne peut pas être joué, le choix d'un morceau se fait au détriment d'un autre. Certes il en faut pour tous les goûts, y compris pour le public de curieux, qui y a trouvé pleinement son compte, mais la contrepartie, c'est la disparition de titres de l'album Gothic qui avait mis longtemps à réapparaitre dans la playlist, d'abord avec "Gothic" puis "Eternal", et qui ont à nouveau disparus…

Tragic Idol

Comme pour la tournée précédente, Paradise Lost est revenu avec un nouvel album très bon qui au final s'est révélé peu promu. Pour ce soir, seuls trois morceaux ont été joués et pas du meilleur choix (même phénomène lors de la tournée précédente). Tout d'abord l'excellent "In This We Dwell" qui vient s'ajouter aux morceaux cultes de la discographie de Paradise Lost, et c'est bien là qu'on voit la forme de Paradise Lost, capable encore aujourd'hui de créer des morceaux mémorables à la hauteur de leurs anciens morceaux cultes. L'autre titre sélectionné est le morceau éponyme "Tragic Idol" qui n'est pas à mon avis pas le morceau le plus intéressant de l'album. Enfin "Fear of Impending Hell" sera joué lors du rappel mais de façon bien moins efficace que sur album, prenant un côté ballade sur scène, d'autant que Nick Holmes tombait dans des intonations vraiment pas terribles. Une fois encore le choix de ces morceaux s'est fait au détriment d'autres. Fait notable, la date à Besançon semble être la seule date où l'excellent "Honesty in Death", habituellement joué juste après "Widow", ait été oublié, c'est pourtant un des meilleurs morceaux du nouvel album, un clip a d'ailleurs été réalisé. Ce morceau à l'atmosphère bien sombre ne collait peut-être pas à l'humeur actuelle de Nick, qui semblait plutôt guilleret avec le retour de sa coiffure époque "Host" (qui, il faut l'avouer, lui donne une expression totalement différente), et sa visite au zoo de la citadelle de Besançon qui semblait l'avoir enthousiasmé d'après ses propos. Autre morceau absent: "Crucify", que le groupe avait pourtant diffusé avant la sortie de l'album mais qu'au final il n'a pas retenu pour la scène…

Les ombres de Shades of God

Niveau vieux titres (en gros toute la période d'avant One Second), on notera l'excellent "As I Die", toujours aussi excellent et incontournable, et probablement l'un des morceaux les plus appréciés du groupe, à juste titre. "Pity The Sadness", également de Shades of God semble lui avoir retrouvé une place bien stable dans la playlist du groupe ces dernières années, les deux étant d'ailleurs joués dans la continuité ("Pity the Sadness" puis "As I Die").

Life ?

Concernant ce que j'appellerai la deuxième époque du groupe qui débute avec Symbol of Life où le groupe est revenu à un style plus inspiré, Paradise Lost a enchainé des albums de qualité dont ne sont au final retenu que peu de titres: le morceau "Symbol of life" de l'album éponyme, excellent, a fait là aussi ressentir son absence, s'insérant pourtant bien mieux dans la playlist que "Erased". En ce concerne Paradise Lost sorti en 2005, Paradise Lost n'a rien gardé de cet album pourtant excellent : autre déception donc. De In Requiem, deux morceaux ont été choisis, "The Enemy" bien-sûr, avec ses chœurs féminins, et "Praise Lamented Shade", un choix moins pertinent avec ce morceau plutôt bon qui a un petit côté ballade, mais ce genre de morceaux n'est-il pas un peu cumulé ? Ce n'est qu'au moment du rappel que Faith Divides Us – Death Unites Us sera honoré avec évidemment son morceau éponyme de grande qualité.

Qui aime bien châtie bien

On pourrait résumer ce concert de la tournée Tragic Idol ainsi : de bons morceaux bien-sûr, beaucoup de morceaux excellents, des choix à faire, des retours surprenants comme "Widow", des sacrifices incompréhensibles comme "Eternal", peut-être dur émotionnellement à jouer aujourd'hui, mais aussi des incompréhensions: pas de "Honesty in Death" sur la date de Besançon, un "Soul Courageous" qui casse l'homogénéité. Au final, la playlist s'est révélée moins bonne que celle du concert à Zurich pour la tournée Faith Divides Us – Death Unites Us 2 ans avant.

Adnauseam

PLAYLIST

Desolate
Widow
Erased
Forever Failure
Soul Courageous
In This We Dwell
Praise Lamented Shade
Pity the Sadness
As I Die
Symbol of Life
Tragic Idol
The Enemy

Rappel
One Second
Fear of Impending Hell
Faith Divides Us - Death Unites Us
Say Just Words

 

Vue nocturne sur la Citadelle depuis La Rodia

Citadelle - Paradise Lost

 

 


 

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