THERION / TRISTANIA / TRAIL OF TEARS (18/11/2004 - Lyon)

THERION / TRISTANIA / TRAIL OF TEARS

18/11/2004 - Ninkasi Kao, Lyon
 

Quelle bonne initiative que Metallian, fort de nombreux contacts à travers le monde, organise enfin des tournées, comme ce festival itinérant, avec une affiche des plus intéressantes. Saluons bien-sûr à nouveau l'association lyonnaise Hammer of Gones qui a capté cette tournée et organisé ce passage lyonnais.

MERCURY RAIN

Le festival débute avec Mercury Rain, présent seulement sur les dates françaises mais dont j'ai râté la prestation avec cette ouverture des portes si tôt en jour de semaine couplée aux inévitables bouchons et la recherche de la salle ! Apparemment, les réactions ont été plutôt positives et le groupe semble en effet fort intéressant. Dans tous les cas, il collait bien avec l'affiche puisqu'il s'agit d'un heavy gothic metal symphonique. Les amateurs des autres groupes ne pouvaient donc qu'être réceptifs et la chanteuse Sonia Porzier était apparemment très efficace. Ce groupe anglais formé en 1998 vient tout juste de sortir son deuxième album Saint Matthieu chez Underclass, succèdant à Dark Waters.

TRAIL OF TEARS

C'est  lors de la deuxième partie du set des norvégiens de Trail Of Tears que je suis arrivé et je dois dire que j'ai plutôt été déçu. Arrivant en plein milieu de la prestation, je n'ai pas du tout reconnu le groupe (mis à part le guitariste asiatique qui a éveillé mes soupçons) et j'ai franchement cru qu'il s'agissait d'un groupe de première partie rajouté au dernier moment. En fait, je connaissais surtout leur très honorable premier album Disclosure in Red. Et là, le groupe semble s'être émancipé de ses influences initiales, à savoir Tristania ou encore Theatre of Tragedy, pour s'orienter dans un registre bien moins typé gothic metal, certes plus puissant mais à mon goût pas très efficace puisque les morceaux que j'ai entendu avaient un côté thrash death pseudo émotionnel. Il n'y a d'ailleurs visiblement même plus de chanteuse dans le groupe, remplacée par une voix claire masculine en duo avec une voix death. Trail of Tears n'a vraiment pas capter mon attention et ce n'est qu'à la fin du show que j'ai appris qu'il s'agissait de Trail Of Tears dont je souhaitais pourtant suivre attentivement la performance scénique... Cette prestation a donc été très décevante, et cet avant goût du quatrième album qui sortira en janvier chez Napalm Records a donc été repoussant.

TRISTANIA

Vient ensuite vient le tour du groupe culte de gothic metal, à savoir Tristania. Ce combo norvégien a pris la relève de Theatre of Tragedy comme référence du gothic metal depuis leur excellent premier album, Widow's Weeds, en 1998. Entre temps, Tristania a subi des changements importants puisque le chanteur d'origine Morten Veland a quitté le groupe pour créer son excellent projet Sirenia (déjà deux albums et un mini-CD à son actif). A mon avis, il a bien su reprendre l'essence du Tristania des glorieux débuts. Tristania n'a d'ailleurs rien sorti de nouveau depuis 2001 mais un nouvel album intitulé Ashes, est annoncé pour fin janvier, cette fois-ci chez SPV puisque ils ne sont plus chez Napalm Records. A peine trois titres de cet album à venir ont été joués et ils semblent préfigurer un album dans une veine plus calme et peut-être plus plate, avec plus de voix claire (le chanteur extrême assurait la guitare claire sur ces titres). L'ensemble de la prestation a été plutôt axé sur les deux derniers albums : le concert s'ouvre avec "Aphelion" de Beyond the Veil, "Angina" et "Beyond The Veil" seront également joués. De nombreux morceaux de World of Glass sorti en 2001 sont joués comme "Tender Trip on Earth" ou "World of Glass". On regrettera que leur meilleur album Widow's Weeds soit un peu délaissé puisque seul "Angellore" avec son intro préenregistrée est joué ; il préfigurait d'ailleurs un peu le style suivi par le groupe par la suite, un style toujours excellent mais moins épique.

Kjetil Ingebrethsen est maintenant le chanteur officiel du groupe et on peut dire qu'il assure bien dans le même registre initié par Morten Veland car pour l'enregistrement de World of Glass, c'était Ronny Thorsen de Trail Of Tears en chanteur session. Il n'y avait donc pas de chanteur officiel à ce moment là. Kjetil se présente sous un look très "goth fashion": dessus en résille, pantalon en cuir, et les fameuses new rock, avec une coupe un peu à la Within Temptation, une sorte de coiffure en forme de crête... L'esthétique du groupe est d'ailleurs assez décousue. Quant aux voix claires, elles sont exécutées par le musicien de session de toujours, Osten Bergoy, qui chante donc de manière ponctuelle. Les choeurs enregistrés par Terje Refsnes, marque de fabrique du groupe depuis le début, font bien-sûr partie de la prestation mais ils sont pré-enregistrés. Par contre, ce qui est surprenant, c'est l'absence sur scène du joueur de synthé, partie intégrante de leur musique, remplacé par un enregistrement. Et la très belle chanteuse, Vibeke Stene apparaît comme véritable frontwoman du groupe et communique avec le public entre les morceaux, avec un look bien typé gothic metal, ici au bon sens du terme : longue robe noire, cheveux teints en noir et surtout l'une des meilleures voix du gothic metal. Elle apparaît d'ailleurs comme en transe sur le très bon morceau "Apheilio" et accompagne la musique de nombreux mouvements avec ses mains.

Tristania a ainsi assuré une très bonne prestation qu'on aurait souhaité plus longue, sans rappel d'ailleurs, mais la tête d'affiche, Therion, comptait ce soir pour deux groupes.

THERION

Therion était en effet annoncé pour près de 2h30 de musique. Le groupe n'a finalement, si l'on peut dire, joué que 2 heures mais d'une seule traite. Vu la richesse de sa musique, Therion ne peut emmener évidemment toutes les personnes ayant participé à leurs albums. En plus de la session musical purement metal, un choeur composé de quatre personnes, regroupées sur la droite de la scène sur deux niveaux, accompagne bien évidemment le groupe. A cela s'ajoute une chanteuse lead, assez impressionnante semblant sortie des opéra wagnériens, au vu du physique déjà, véritable femme de viking ou valkyrie, mais aussi pour l'habillement et surtout pour ses capacités vocales incroyables.

Therion, qui vient de sortir deux albums simultanément, Lemuria et Sirius B, a exploré toute la période de son metal symphonique, remontant même jusqu'à son quatrième album Lepaca Kliffoth de 1995, mais de manière très bizarre, pour nous exécuter un morceau inattendu avec "Melez", sur lequel chante Christopher Johnsson, et qui est complètement en décalage avec le style d'aujourd'hui. Cela permit cependant aux choristes de faire une pause et de quitter la scène. C'est toutefois la grande déception du concert pour moi, que Therion ne soit plutôt allé piocher dans Lepaca Kliffoth le morceau "The Beauty in Black", titre culte intemporel qui a fait connaître les Suédois avec son excellent clip et qui a préfiguré le Therion de la suite. L'ensemble du concert était cependant excellent, passant de morceaux metal symphonique avec ces chœurs impressionnants et de très grande qualité à des morceaux symphoniques avec des passages très typés heavy metal. Cette connotation est apportée notamment par le nouveau chanteur ave son look se rapprochant du chanteur de Rage Against The Machine et surtout par son timbre vocal très vieux heavy metal. Cela renforçait toutefois également le choeur vocal. La période du très bon Theli, sorti en 1996, a été bien honorée car si certains morceaux de Lepaca Kliffoth comme "Melez" (mauvais choix à mon avis) ont vraiment vieilli, Theli correspond toujours au Therion d'aujourd'hui avec, entre autres, la très bonne ballade "Sirens of the Woods" de 10 minutes. Cela permit à nouveau à la chorale de faire une pause en première partie de morceau. On notera aussi le très bon "To Mega Therion" en rappel où les quelques parties de chant de Christopher Johnson sont laissées au public, public vraiment fan d'ailleurs. Il y aura en fait deux rappels. Un premier de deux titres avec tout le groupe qui salua à la fin le public comme à l'opéra, puis un second uniquement metal, sans la section chorale, qui consista en une reprise de Motörhead, où le chanteur avait une voix vraiment proche de Lemmy, étonnant ! Dommage qu'ils n'aient pas fait une reprise de Mercyful Fate avec la chorale, comme pour la date en Suisse quelques jours avant. En tout cas, vraiment une très belle prestation par des musiciens réellement professionnels et passionnés devant un public conquis.

On espère ainsi une prochaine édition du Metallian Fest avec une aussi bonne affiche !

Adnauseam

 

 

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